Fin septembre, l’administration wallonne de l’énergie (SPW Énergie) a accueilli à Namur une « peer review » européenne organisée par la Policy Learning Platform d’Interreg Europe. Des experts européens y ont analysé le cadre wallon du partage d’électricité. Cluster TWEED a participé aux échanges.
Fin septembre, l’administration wallonne de l’énergie (SPW Énergie) a accueilli à Namur une « peer review » européenne organisée par la Policy Learning Platform d’Interreg Europe. Des experts européens y ont analysé le cadre wallon du partage d’électricité. Cluster TWEED a participé aux échanges.
Un cadre qui peine encore à convaincre
Les communautés d’énergie permettent à des citoyens, des entreprises ou des pouvoirs locaux de produire et de partager leur électricité. En Wallonie, elles restent pourtant peu nombreuses : on compte 13 communautés d’énergie notifiées et 12 activités de partage autorisées. Les acteurs de terrain pointent trois freins : des démarches administratives complexes, des échanges de données encore peu automatisés et des coûts supplémentaires.
Ce que montrent les expériences européennes
Des experts de cinq territoires ont partagé leur expérience, dont les régulateurs portugais et autrichien, l’Institut universitaire européen, Sibelga et l’entreprise française Enogrid. Ils ont insisté sur l’importance de compteurs fiables, de règles de répartition claires et d’un accompagnement accessible. Ils ont aussi souligné que les bénéfices pour le réseau ou sur les comportements de consommation restent encore peu démontrés.
Trois recommandations pour la Wallonie
- Compléter et clarifier le cadre légal. Il s’agit de transposer pleinement les règles européennes, y compris le partage par contrat privé, de préciser le rôle de chacun (fournisseurs, gestionnaires de réseau, organisateurs du partage) et d’intégrer le stockage et la flexibilité, en coordination avec le niveau fédéral.
- Simplifier grâce au numérique. Les experts recommandent d’intégrer le partage dans la plateforme ATRIAS, d’automatiser les échanges de données, d’accélérer le déploiement des compteurs intelligents et de rendre l’inscription simple et rapide, en s’inspirant de l’exemple bruxellois.
- Rendre le partage rentable. Ils proposent des tarifs qui reflètent l’usage réel du réseau, la suppression de l’obligation de restituer des certificats verts sur l’électricité partagée et la résolution des surcoûts facturés par certains fournisseurs.
Une réforme attendue
Ces conclusions alimenteront la mise à jour du décret wallon qui transpose les règles européennes sur le marché de l’électricité. Une réforme est attendue, portée par le cabinet de la Ministre de l’Énergie Cécile Neven.