Entreprise familiale liégeoise centenaire, Biemar Bois s’est imposée comme un acteur majeur du bois en Wallonie. Sous la direction de Laurent et Marylène Biemar, elle a triplé ses effectifs, modernisé ses outils et renforcé sa stratégie grâce à des soutiens régionaux et une démarche Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ambitieuse.
L’entreprise liégeoise Biemar Bois est un négociant et transformateur spécialisé dans le bois et ses dérivés : panneaux, isolants, portes, parquet, toitures, bardages… L’entreprise travaille principalement avec des professionnels du bâtiment (menuisiers, couvreurs, entreprises générales, constructeurs d’ossature bois, industriels et organismes publics) qui représentent 90 % de sa clientèle, les 10 % restants étant des particuliers. Implantée sur deux sites stratégiques (Soumagne et Malmedy), elle emploie 125 collaborateurs répartis dans 36 métiers différents et réalise un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros.
Un siècle d’histoire, une transmission en douceur
Biemar Bois a fêté ses 100 ans d’existence en 2025. L’histoire a débuté avec une scierie avant d’évoluer, dans les années 60, vers une activité de négoce. En 1980, le père de Laurent Biemar reprend l’entreprise à son oncle qui lui-même en avait hérité de son beau-père. Deux déménagements successifs marquent ensuite une première phase d’expansion : des sites plus vastes, davantage de capacité de stockage et une meilleure visibilité. À la fin des années 90, l’entreprise franchit une nouvelle étape en développant la transformation de matériaux.
Laurent Biemar rejoint l’entreprise familiale en 2001 suivi de sa sœur Marylène en 2003. En 2014, leur père leur transmet officiellement la direction tout en continuant à passer chaque jour encore aujourd’hui, fidèle à la maison qu’il a contribué à construire. Pourtant, Laurent Biemar ne se destinait pas à reprendre les rênes de l’entreprise familiale. « Ce n’était pas du tout une ambition pendant ma jeunesse ou mes études. Ça s’est décidé du jour au lendemain », confie-t-il.
Après des études en comptabilité et une année à l’étranger pour perfectionner ses langues, il revient et commence à travailler chez son père. Magasinier, agent du service client, opérateur en atelier, logisticien : il apprend le métier sur le terrain. « Jusqu’au moment où j’ai compris que c’était dans le monde du bois que je prendrais le plus de plaisir ». Il assume ensuite les achats de bois, le suivi de dossiers commerciaux et le développement des produits transformés en atelier.
Depuis la reprise, Laurent Biemar impose un style de gestion différent de celui de son père. « Pour arriver là où il est, mon père a dû prendre plus de risques que moi. Avant, on avançait le nez dans le guidon : les problèmes arrivaient vite et il fallait réagir tout aussi vite. Aujourd’hui, on a le temps de prendre du recul, d’anticiper et de planifier les prochaines années ». Il privilégie désormais l’analyse, la stratégie et la préparation.
Depuis ses 25 ans dans l’entreprise, Biemar Bois est passée de 45 à 125 collaborateurs et son chiffre d’affaires de 15 à 55 millions d’euros. Une croissance remarquable portée par un développement commercial soutenu et des investissements ciblés.
Des leviers régionaux activés à des moments clés
À plusieurs moments clés de son développement, l’entreprise liégeoise a pu compter sur les soutiens de la Région wallonne via le Service Public de Wallonie.
- Aides à l’investissement
L’entreprise a bénéficié d’aides pour agrandir ses deux sites, construire de nouveaux halls et hangars, acquérir des terrains et moderniser son parc machines. Ces interventions ont sécurisé des étapes essentielles de sa croissance.
- Chèques-entreprises
Une étude de marché, financée à 50 % grâce aux chèques-entreprises, a permis à l’entreprise familiale de se situer objectivement, de valider ses intuitions et d’identifier des pistes d’amélioration. Cette démarche a abouti à la mise en place d’un groupe de travail sur trois ans. « Sans cette étude, nous n’aurions parcouru que la moitié du chemin. Elle nous a permis d’élaborer une véritable stratégie fondée sur des données factuelles », insiste Laurent Biemar.
- Démarche RSE et médaille d’or Ecovadis
Engagée dans la démarche Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) depuis trois ans, l’entreprise a commencé par mesurer puis réduire les émissions de CO₂ de son pôle logistique, obtenant ainsi sa première étoile du programme Lean & Green. En 2025, accompagnée par un soutien cofinancé via un chèque-entreprise, l’entreprise liégeoise décroche la médaille d’or Ecovadis. « Sans cet accompagnement, nous n’y serions pas parvenus. Nous sommes les seuls dans notre secteur à disposer de cette médaille d’or », explique fièrement le chef d’entreprise. Un atout important pour son image, le recrutement, les marchés publics et les relations bancaires.
- Chèque formation
Avec plus de 1.700 heures de formation organisées en 2025 pour les 36 métiers représentés dans l’entreprise, le chèque formation soutient cet effort et renforce la montée en compétences de l’ensemble des équipes.
Des ambitions pour l’avenir
L’entreprise familiale liégeoise ne compte pas s’arrêter là. Plusieurs projets sont déjà en cours ou sur le point d’être lancés : développement d’outils digitaux pour aider les clients professionnels à chiffrer les produits usinés, modernisation du parc machines, de la flotte et des élévateurs. Quant à la transmission à la prochaine génération, le discours est posé : « Ils feront ce qu’ils auront envie de faire. Rien n’est planifié pour eux », précise Laurent Biemar.
Son conseil à ceux qui hésitent encore à entreprendre ? « Suivez votre instinct. Si vous êtes motivé, que vous avez envie d’avancer et de bonnes idées, il faut se lancer et développer ». Un message simple et authentique, à l’image d’un siècle d’histoire familiale consacré à la construction wallonne.