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Transition énergétique : des acteurs wallons s'y investissent RSS Feed

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Selon l'étude européenne Roadmap 2050, les émissions de CO2 émises par l'industrie technologique pourraient baisser de 66 % supplémentaires d'ici 2050, soit une réduction totale de 75 % par rapport au début du siècle. Entre 2000 et 2013, les secteurs wallons de l'industrie technologique ont diminué leurs émissions de CO2 d'environ 25 % en moyenne. Pour poursuivre dans cette voie, de nouveaux engagements ont été pris. En Wallonie, le pôle de compétitivité GreenWin et le cluster TWEED participent activement à cette transition écologique. Découvrez l'article du WBI !


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Grâce aux innovations technologiques et à leur créativité, les acteurs industriels wallons peuvent jouer un rôle dans la préservation de la planète. Certaines entreprises l'ont bien compris et prennent déjà une longueur d'avance dans la transition écologique.

TWEED : TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AU TOP

Le cluster TWEED (Technologie Wallonne Energie Environnement et Développement durable) rassemble, en Wallonie et à Bruxelles, 125 acteurs (entreprises, centres de recherche) impliqués dans les énergies renouvelables, l'efficacité et la performance énergétiques. « Nous créons le réseautage et l'écosystème autour de ces acteurs afin qu'ils travaillent ensemble, explique Cédric Brüll, directeur de TWEED. Notre métier consiste à soutenir les entreprises, plus spécialement les PME, dans le montage de leurs projets, d'innovation ou d'investissement, afin qu'elles puissent suivre les dernières innovations technologiques, car le secteur énergétique évolue très rapidement. Les innovations y sont nombreuses que ce soit dans les smartgrids, le stockage d'énergie, les voitures électriques... ».

Comment ça se passe ? « Souvent, les entreprises ou les centres R&D viennent à nous avec des idées de projet. Nous les aidons à structurer leur idée, leur étude de marché, leur consortium, afin d'aboutir à un projet qui tienne la route. Nous travaillons avec une entreprise dès lors qu'elle souhaite travailler en synergie avec d'autres acteurs. »

En transition énergétique, TWEED travaille de concert avec les pôles de compétitivité MecaTech et GreenWin. « Avec le premier, nous avons lancé un appel à projets vers les communautés d'énergie locales. Un nouveau décret permet

en effet de créer des communautés d'énergies renouvelables regroupant des consommateurs, des entreprises, des citoyens. Elles vont gérer elles-mêmes leur consommation d'énergie et tenter de faire un lien entre la demande

et l'offre au niveau local. » Avec GreenWin, TWEED a lancé un appel à projets concernant le rôle des bâtiments dans la transition énergétique. « Ainsi, dans notre écosystème d'entreprises, les acteurs se parlent sur une thématique. Le bâtiment peut-il produire de l'énergie, jouer un rôle de flexibilité ? Nous sommes là pour les aider à structurer des projets d'innovation dans ces thématiques. »

TRANSFERT DE COMPÉTENCES VERS L'AFRIQUE

Depuis plusieurs années, le cluster développe une stratégie d'exportation, mais également de transfert de compétences en énergie durable vers l'Afrique. « Nous structurons des entreprises wallonnes complémentaires dans les secteurs hydraulique, solaire, des batteries, des réseaux... Ensemble, elles peuvent apporter une solution complète en Afrique, en électrification rurale, par exemple, et en travaillant en synergie avec des entreprises africaines. Nous offrons aussi des formations aux acteurs présents sur les projets. » Pour ce transfert de technologie et de savoir-faire entre pays, le cluster est soutenu par WBI. « C'est le cas, notamment, au Rwanda où nous avons récemment emmené des entreprises wallonnes pour former des entrepreneurs rwandais à monter des projets d'énergie renouvelable et à réaliser de l'ingénierie. Ainsi, depuis des années, la société Sher travaille sur des projets hydrauliques. » Au Maroc, la société John Cockerill (ex-CMI) développe un projet de stockage de l'énergie avec l'agence solaire locale. « Avec des experts, nous aidons ces entreprises en matière d'efficacité énergétique. Et nous offrons ainsi une belle visibilité à nos acteurs wallons. » Avec Laurent Minguet pour fondateur et qui a investi dans différents projets énergétiques en Casamance, le cluster est évidemment présent au Sénégal. « Nous y avons effectué plusieurs missions et c'est l'un de nos pays-cibles pour l'avenir », confirme Cédric Brüll.

GREENWIN : BOUCLER LA BOUCLE DE LA MATIÈRE

Le pôle de compétitivité GreenWin, dont les maîtres-mots sont l'économie circulaire et la neutralité carbone, se consacre à trois secteurs : la chimie verte, les matériaux de construction innovants et les technologies environnementales. Il compte plus de 200 membres, dont plus de 150 entreprises, 4 partenaires et 5 réseaux internationaux. Dans ce secteur, où le taux de croissance de l'emploi et celui de la valeur ajoutée se situent à plus de 20 %, 110 millions d'euros ont déjà été investis dans 42 projets.

Un appel à projets vient d'être lancé dans le domaine de la construction et de l'énergie. « L'idée est de développer, à travers l'innovation et les partenariats entre les entreprises, universités et centres de recherche, tout le potentiel du bâti en matière de production énergétique et de stockage de l'énergie, souligne Véronique Graff, Directrice générale de GreenWin.

Il s'agit de travailler sur les technologies appliquées dans le secteur pour amener nos constructions à devenir des maillons importants en matière énergétique et de stockage énergétique, avec de nouveaux types de matériaux, de toitures, de vitrages... » Pour concrétiser cette belle idée, GreenWin rassemble les partenaires qui auraient intérêt à se rencontrer sur cette thématique. « Nous travaillons avec eux pour identifier les bons partenaires, en priorité en Wallonie, et nous construisons ensemble le projet. »

MISSIONS INTERNATIONALES ET PROJETS EUROPÉENS

GreenWin développe un ensemble d'actions à l'international. « Le pôle est au centre d'un réseau de plus de 800 contacts dans le monde. Nous organisons des missions à l'international dédiées aux partenaires technologiques, ainsi que des conférences sur la chimie verte et les technologies blanches, en Wallonie, en collaboration avec les universités. Nous sommes impliqués dans des projets européens, dont SCOT sur l'utilisation du CO2, que nous coordonnons. Nous avons monté une association internationale, CO2 Value Europe, dont l'objectifestd'arriveràdesentreprises neutres en carbone. A partir du CO2, on peut construire de nouvelles molécules chimiques, fabriquer des blocs pour la construction, de nouveaux carburants... » Le pôle est également très actif en énergiecirculaire.«OutreleCO2, nous travaillons sur certains types de plâtres, de verres spéciaux, sur le développement de filières d'économiebio-sourcée...Cesgrosenjeux dans la construction et la chimie doivent permettre de boucler la boucle de la matière. » Différentes entreprises développent des projets avec GreenWin, notamment Tradecowall, qui traite les déchets de construction et travaille à les valoriser, et l'Atelier de l'Avenir, spécialisé dans les constructions en ossatures en bois, lancé dans des projets de maisons évolutives et durables.

DES ENTREPRISES WALLONNES SOUCIEUSES DE L'ENVIRONNEMENT

Des entreprises wallonnes jouent déjà un rôle dans la préservation de la planète. Quelques exemples.

BELVAS : CHOCOLATERIE TRÈS ÉCOLO

Quand, en 2005, il a repris la chocolaterie Belvas à Ghislenghien, Thierry Noesen l'a fait évoluer en un modèle de chocolaterie écolo. Elle est ainsi la seule à disposer du double label Bio et Equitable. Elle travaille en effet tous ses ingrédients bios sans ajout de conservateurs, colorants, arômes ou exhausteursdegoût.Cequiluiavalu d'être sacrée « microentreprise la plus écologique d'Europe » par la Commission européenne. « C'est bonpourlesconsommateurs,pour les planteurs et le maintien de la diversité dans les plantations », souligne Thierry Noesen. La chocolaterie revoit chaque année sa politique environnementale. Elle est aujourd'hui autonome en énergie pour 50 % de ses besoins grâce, notamment, à l'installation de 380 panneaux solaires sur l'ensemble de la surface du toit, ainsi qu'à un système de récupération de la chaleur rejetée par l'air conditionné, l'énergie de l'air chaud, transformée en eau chaude, étant ensuite utilisée pour faire fondre le chocolat. « Nos projets dans le Sud sont au-delà du bio. Nous sommes associés à l'ONG Grainedevie dans une opération de reforestation à Madagascar. En Côte d'Ivoire, nous avons replanté 2 000 arbres d'espèces différentes et lancé une tablette Côte d'Ivoire il y a un an. Nous reversons une prime aux planteurs via la coopérative et nous avons créé le programme directcocoa.org qui va le plus loin dans l'aide aux planteurs en Côte d'Ivoire. »

COMET TRAITEMENTS : DÉMANTÈLEMENT DES BATTERIES DE VÉHICULES HYBRIDES ET ÉLECTRIQUES

Dans un autre secteur, le groupe Comet, spécialisé dans le recyclage, à Châtelet et à Obourg, a inauguré le premier centre de dépollution des véhicules hybrides électriques. « Depuis plus de cinq ans, nous avons été les premiers à mettre en place les processus nécessaires pour dépolluer des véhicules électriques et hybrides, explique Pierre-François Bareel, administrateur délégué de Comet Traitements. En 2014, nous avons recyclé les 165 premières Prius Toyota, ce qui nous a permis de former notre personnel. La grosse nouveauté,c'estlamiseensécurité de la voiture, une fois la batterie enlevée. Mais nous ne recyclons pas les batteries. Nous assurons leur stockage sécurisé, leur regroupement et leur transport. » Comet Traitements récupère les matières contenues des batteries. « Un véhicule hybride ou électrique contient plus d'aluminium, de cuivre qu'un véhicule classique, et les moteurs contiennent des éléments avec des terres rares. Avec l'Université de Liège, dans le cadre de la Reverse Metallurgy, nous avons développé un procédé pour les récupérer et les valoriser. Un pilote métallurgique nous permet de récupérer 5 kilos de terres rares par jour. Comme une voiture électrique en contient 1 kilo, nous pouvons en traiter 5 par jour. Le taux de recyclage des voitures électriques peut aller jusqu'à 96 %. Le groupe Comet est le seul en Europe à avoir pu réaliser cette démonstration. Une première mondiale. »

STÛV : UN POÊLE TRÈS PEU POLLUANT

Le fabricant de poêles de chauffage Stûv, à Bois-de-Villers, a conçu le poêle à pellets sans doute le moins polluant du marché avec une production de particules fines quatre fois inférieure à la normale et une production de CO vingt fois inférieure à la réglementation européenne qui entrera en vigueur en 2022.

DES ENTREPRISES QUI RECYCLENT

Les entreprises actives dans le recyclage sont nombreuses en Wallonie. Ainsi, Protelux, à Bertrix, recycle les graisses et les huiles de friture usagées du secteur horeca, ainsi que les déchets de boucherie, de poissonnerie et des abattoirs. Hublet est devenue, au fil des ans, une référence dans le recyclage des déchets de construction. Longtemps active sur les chantiers de terrassement et de démolition, l'entreprise se concentre désormais sur le développement des services de ses centres de traitement agréés à Floreffe et à Wanlin. Elle a largement contribué au développement des matériaux de remblai innovants qui permettent d'éviter la formation de nids de poule. Gerday Recyclage, à Houyet, réalise des travaux de concassage de déchets de classe 3 généralement issus de la construction, des travaux de criblage et de broyage de déchets de béton. Sede Benelux, dans le Parc Crealys à Gembloux et qui fait partie du groupe Véolia, est notamment spécialisée dans le recyclage agricole. Egalement basée à Gembloux, Spechim apporte des solutions innovantes sur mesure pour le traitement des eaux usées, les secteurs automobile et du bâtiment, le traitement des métaux, l'industrie agroalimentaire, le nettoyage des surfaces dures, l'entretien sanitaire. L'entreprise familiale Weber, à Auvelais, est active dans le recyclage des métaux ferreux et non-ferreux et, plus particulièrement, dans la démolition métallique. Le groupe Wilmet, à Namur, est également spécialisé dans le tri des déchets.

Grâce au développement de nouvelles technologies et à leur capacité d'innovation, nombre d'entreprises wallonnes répondent activement aux enjeux climatiques.

 

Revue W+B n°145