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Colruyt et Fluxys vont construire une usine d'hydrogène RSS Feed

H2-COLRUYT

Le groupe de supermarchés et le gestionnaire du réseau gazier veulent produire de l'hydrogène à partir d'énergie éolienne. Le feu vert à l'investissement devrait être donné dans les semaines qui viennent.

 

H2-COLRUYT

Contrairement à celle développée par Engie, l'usine de fabrication d'hydrogène de Colruyt sera installée sur la terre ferme. © ENGIE

 

TOBE STEEL

Colruyt veut produire de l'hydrogène à partir de l'électricité produite par les parcs éoliens en mer. Parkwind, sa filiale spécialisée dans l'éolien en mer, et Eoly, son fournisseur d'élec- tricité verte, ont mené avec le ges- tionnaire du réseau de gaz Fluxys une étude de faisabilité portant sur la construction d'une usine de pro- duction d'hydrogène. Le travail pré- paratoire est terminé, apprend L'Echo, et le feu vert devrait être donné à l'investissement par les conseils d'administration de Colruyt Group et Fluxys dans les semaines qui viennent.

Produire de l'hydrogène à partir d'électricité verte est une voie pro- metteuse pour la transition énergé- tique. Cela permet en effet de trans- former, à grande échelle, de l'élec- tricité en gaz via l'électrolyse de l'eau, et ainsi de flexibiliser notre appro- visionnement énergétique. L'idée est d'utiliser le trop-plein d'énergie éo- lienne pour produire de l'hydrogène, un gaz très énergétique qui peut ser- vir de réserve pour les moments où l'énergie est moins abondante. Cet hydrogène présente l'avantage d'être produit sans émettre de CO2 ni d'autre gaz à effet de serre, contrairement à l'hydrogène produit à partir de gaz.

25 millions d'euros

Si le projet aboutit, ce sera la première fois qu'on produira en Belgique de l'hydrogène vert à une telle échelle. L'installation d'électrolyse projetée aura une capacité de 12 à 25 méga- watts, avec une extension possible. L'investissement pourrait s'élever à 25 millions d'euros.

Deux sites possibles sont envisagés: Zeebruges et le port d'Anvers.

Colruyt et Fluxys envisagent deux sites. Premier emplacement visé: Zeebruges, où l'électricité offshore serait immédiatement transformée en hydrogène, qui serait injecté massivement dans le réseau gazier. Si cette localisation est retenue, la capacité pourrait à terme être portée de 25 à 100 mégawatts. Cela permettrait d'évoluer avec les pays voisins, les Pays-Bas et l'Allemagne, où différents projets d'hydrogène de grande taille sont en phase préparatoire.

Second site potentiel: le port d'Anvers, où la capacité du réseau gazier est limitée, mais où l'hydrogène serait utilisé par des clients industriels. Le débouché le plus rentable serait de vendre cet hydrogène comme car- burant zéro CO2. Mais vu le sous-dé- veloppement du marché des véhi- cules à hydrogène en Belgique, Col- ruyt envisage plutôt l'introduction d'un système de garanties d'origine sur le marché du gaz, comme cela se passe déjà pour l'électricité.

Convertir de l'électricité en hydrogène entraîne une déperdition énergétique de quelque 30%. Cette technologie offre cependant un atout majeur: le gaz peut être stocké plus facilement que l'électricité. «Si notre approvisionnement énergétique futur doit être constitué à terme de 70% d'énergie renouvelable, nous aurons besoin d'hydrogène pour le stockage, même s'il faut encore trouver le moyen de rentabiliser cette technique », souligne Isabel François de WaterstofNet, un cluster de quelque 45 entreprises actives dans ce domaine en France.

Reste à savoir si le projet bénéficiera d'un subside. Dans l'accord gouvernemental du nord du pays, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) affiche son ambition d'être à la pointe dans ce domaine en Europe. Le gouvernement flamand prévoit de lancer un projet pilote, sans évoquer un soutien public. Colruyt et Fluxys examinent différentes possibilités de primes à l'innovation, d'aides à l'investissement ou de subsides opérationnels.

 

Hydrogène
L'Echo - Colruyt et Fluxys veulent produire de l'hydrogène à partir d'énergie éolienne